SNCF : à Montparnasse, des conducteurs se mobilisent contre le projet de Castex de supprimer 5 jours de repos
Tue, 24 Mar 2026 17:17:04 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalJean Castex prévoit de supprimer 5 jours de repos dans les nouvelles filiales SNCF, suscitant une forte colère des cheminots. Une assemblée générale à Montparnasse a réuni une cinquantaine de conducteurs dénonçant cette mesure et l'ouverture à la concurrence qui menace leurs conditions de travail.

C'est lors d'une réunion bilatérale avec les organisations syndicales que Castex, nouveau patron de la SNCF après avoir mené des offensives brutales à la tête de la RATP, a annoncé son intention de supprimer 5 jours de repos dans toutes les nouvelles filiales issues de l'ouverture à la concurrence. Une attaque sans précédent dans des métiers où la question du repos et de la santé est au cœur des conditions de vie des cheminots. Cette information, diffusée par les organisations syndicales, a largement suscité l'indignation dans les différentes équipes de métiers à la SNCF.
Une assemblée générale unitaire a donc été appelée ce lundi matin à Montparnasse. Une cinquantaine de conducteurs, principalement de la ligne du transilien N et U, se sont réunis. Ceux-ci ont largement exprimé leur indignation, aussi bien du projet de suppression de 5 jours de repos, que de l'ouverture à la concurrence de leur ligne qui menace les accords d'entreprises garantissant un certain nombre de week-ends minimum dans l'année, ainsi que des temps de repos minimum entre deux journées de services. En bref, des garanties qui permettent encore aux cheminots d'organiser leur vie en dehors du travail, ce que veut attaquer la direction de la SNCF. La répression et le mal-être au travail ont également été discutés, les cheminots présents dénonçant un encadrement des plus violents pour faire rentrer dans le rang les cheminots qui relèvent la tête.
Un représentant CGT l'affirme : « en réalité, la direction veut arriver à nous faire travailler 15 jours en plus par an sans augmenter le salaire ». Toutes les organisations syndicales présentes à l'AG sont unanimes, c'est la grève qui est à l'ordre du jour, et il n'y a que la grève qui fera reculer la direction. Cependant, un militant SUD rail intervient sur la nécessité de penser un mouvement qui va au-delà des conducteurs : « Tout seul, on ne gagnera pas. Il faut aller chercher les collègues des autres services, des technicentres, de l'escale, et pour cela, on devra aller faire des AG au COEG » [1].
Cependant, l'assemblée n'a pas pu discuter d'une date de départ en grève, et pour cause, aucune date n'a, à ce jour, été proposée par les fédérations cheminotes. « On ne va pas gagner tout seul à Montparnasse ; il va falloir que nos fédérations proposent rapidement une date et un plan de bataille » poursuit le militant SUD rail. L'assemblée s'est conclue à l'unanimité sur la construction d'une grève dans les semaines ou mois à venir, en commençant à discuter de la situation auprès de tous les collègues. Un prochain assemblée générale des agents SNCF de Montparnasse devrait être convoqué le 7 avril.
[1] Le COEG est l'espace où toutes les équipes de métiers prennent leur service et leur pause en gare de Montparnasse, aussi bien les conducteurs des différentes lignes que les agents sédentaires, un lieu de vie au travail
Crédits photo : Révolution Permanente