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Le Medef réclame plus d'austérité pour soutenir les profits du patronat en temps de guerre impérialiste

Tue, 24 Mar 2026 22:01:40 CET

Révolution Permanente

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Reçu ce mardi 24 mars sur le plateau de BFM, le président du Medef Patrick Martin était interrogé sur les conséquences de la guerre en Iran pour les entreprises françaises. Une occasion pour le représentant du patronat d'exiger toujours plus de coupes budgétaires.

La guerre impérialiste déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a conduit à une brusque montée des prix du carburant, qui vient augmenter les coûts de production d'une partie des entreprises. L'occasion pour Patrick Martin, le président du syndicat patronal, de réclamer moins de dépenses publiques, afin de renforcer la capacité de l'État à protéger les chefs d'entreprise et les actionnaires face à la conjoncture. Alors que les derniers gouvernements de Macron ont imposé des budgets toujours plus austéritaires et que les coupes se multiplient dans les secteurs les plus essentiels, le Medef réclame des attaques encore plus dures contre les travailleurs pour préserver les profits du patronat.

Sauvez les actionnaires et les patrons d'abord

Pour appuyer sa position, Patrick Martin n'a pas hésité à invoquer d'autres pays européens où l'austérité a été encore plus brutale qu'en France durant la dernière décennie : « Si on était au niveau de déficit de l'Italie ou de l'Espagne, et je ne parle même pas du Portugal ou de la Grèce qui sont maintenant en excédent budgétaire, on aurait des marges de manœuvre de l'ordre de 80-90 milliards d'euros pour faire face à ce choc. » Le représentant patronal s'est aussi justifié en évoquant les défaillances d'entreprises dans différents secteurs, tout en assurant que l'État réfléchissait « à des mesures de trésorerie, et il le faut » afin de rassurer les chefs d'entreprises.

Si le président du Medef réclame davantage d'austérité, ce n'est en réalité ni pour défendre le pouvoir d'achat, ni pour sauver des emplois. Au contraire, l'enjeu pour les actionnaires et le patronat, c'est de conserver des profits colossaux, engrangés sur le dos des travailleurs et des travailleuses. La nouvelle envolée des prix de l'énergie sera avant tout payée par les consommateurs, étant donné que les entreprises vont pour l'essentiel conserver leurs marges en répercutant la hausse des coûts de production sur les prix. Sans oublier les majors pétrolières, qui vont de leur côté engranger des profits records grâce à cette nouvelle guerre impérialiste, dont la multinationale française TotalEnergies.

Ainsi, pendant que l'inflation et le prix du carburant à la pompe plongent des millions de personnes dans la précarité, le patronat n'hésite pas à réclamer toujours plus d'aides publiques. Et ce alors même qu'il est déjà largement biberonné de subventions de l'État. En 2025, un rapport du Sénat estimait le montant des aides publiques aux entreprises à 211 milliards d'euros par an.

Loin d'être anodines, ces déclarations qui réclament davantage d'austérité s'inscrivent dans le contexte de la marche à la guerre et du conflit impérialiste contre l'Iran. Alors que la hausse des budgets militaires impactent directement la santé, l'éducation ou le social, le représentant du patronat utilise une guerre déclenchée avec la complicité de l'État français pour intensifier ces coupes budgétaires.

Le gouvernement détruit le budget des hôpitaux et des écoles pour renforcer l'armée et la police (le ministère de l'Éducation nationale prévoit environ 4000 suppressions de postes d'enseignants pour la rentrée 2026) ; et quand l'État français soutient une guerre impérialiste, le patronat vient réclamer encore plus d'austérité.

Il y a urgence à mettre un frein à cette dynamique, à la militarisation du continent, et aux guerres impérialistes. Face à l'inflation qui vient, ce n'est pas aux travailleurs de payer la facture, mais aux grandes entreprises qui en profitent pour multiplier leurs profits, à commencer par Total dont il faut exiger la nationalisation sans indemnités ni rachat. Plus largement, la lutte contre l'austérité que nous imposent les gouvernements successifs de Macron, et qui avait donné lieu au mouvement « Bloquons tout » en septembre, doit se lier à une grande mobilisation internationale contre l'agression impérialiste de l'Iran, qui est dans l'ensemble du monde l'occasion pour les gouvernements d'accélérer leurs offensives contre la jeunesse et les travailleurs.

Source : Patrick Martin sur le plateau de BFMTV (capture d'écran YouTube)

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