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Répression : à Gustave Eiffel, une doctorante licenciée pour avoir dénoncé des VSS

Mon, 23 Mar 2026 18:49:02 CET

Révolution Permanente

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En décembre dernier, l'université Gustave Eiffel a licencié une doctorante, alors qu'elle dénonçait depuis plusieurs semaines le harcèlement sexiste et sexuel qu'elle subissait de la part de son directeur de thèse. Un cas grave de répression, qui montre que les présidences d'université ne sont pas des alliées dans la lutte contre les VSS.

Fin décembre 2025, une doctorante de l'université Gustave Eiffel a été licenciée, alors qu'elle dénonçait depuis plusieurs semaines le harcèlement sexiste et sexuel qu'elle subissait de la part de son directeur de thèse, comme nous l'apprend un communiqué de la CGT de l'enseignement supérieur et de la recherche. Du 2 au 18 décembre, la doctorante, accompagnée par la CGT, « n'a eu de cesse de signaler auprès de sa direction de laboratoire, de la DRH de proximité et du dispositif de signalement de l'Université » les faits de violences et de dénigrement infligés par son directeur de thèse : « Main sur la cuisse, contact non consenti, hurlements répétés, rabaissement systématique… »

La seule réaction de l'université face à ces signalements a été l'envoi d'un courrier de licenciement, reçu par la doctorante le 28 décembre : celui-ci a pris effet dès le 1er janvier, et elle n'a depuis plus aucune nouvelle de l'université malgré les relances. Dans le même temps, la présidence a annoncé publiquement que l'agression sexuelle était un geste « à contextualiser », venant remettre en cause le discours de la doctorante.

Ce cas de répression scandaleux face à des faits de violences sexistes et sexuelles n'est pas un cas isolé. Il exprime une nouvelle fois la manière dont les présidences d'université de sont pas des alliées, mais cherchent au contraire à couvrir ces violences. Il y a quelques mois, l'université de la Rochelle avait exclu de l'enseignement supérieur pour trois ans une étudiante qui avait dénoncé sur les murs de l'établissement des cas de VSS. Les universités n'hésitent pas non plus à couvrir des enseignants accusés de VSS. À la Sorbonne, un enseignant-chercheur accusé par une étudiante de violences sexistes et sexuelles a été réhabilité discrètement. L'enjeu est toujours le même pour les directions : loin de la protection et l'accompagnement des victimes, c'est la préservation de l'image de de l'établissement qui prévaut, peu importe les moyens.

Face à la brutalité de la répression de la présidence de l'Université Gustave Eiffel, il est urgent de faire front. Nous envoyons tout notre soutien à la doctorante licenciée, et nous appelons à être nombreux et nombreuses au rassemblement de soutien qui a lieu ce mardi 24 mars à 12h30 à Champs-sur-Marne.

Crédits photo : Chabe01, CC BY-SA 4.0

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