Victoire contre la répression patronale à Monoprix : aucune sanction contre Alain Tsamas, militant CGT !
Mon, 23 Mar 2026 18:35:19 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalGrâce à une large mobilisation, le tribunal judiciaire de Nanterre a condamné Monoprix en prononçant la levée de toutes les sanctions visant le militant CGT Alain Tsamas, ainsi que le versement d'une indemnité financière. Une victoire précieuse face à la répression patronale.

Le 14 mai dernier, Monoprix assignait Alain Tsamas, délégué et représentant syndical CGT, devant le tribunal judiciaire de Nanterre. Cette procédure était une tentative de museler un syndicaliste combatif, qui avait dénoncé sur les réseaux sociaux un cas de harcèlement moral et la gestion des alertes au sein de l'entreprise. Monoprix avait déjà obtenu de la justice de lui interdire l'accès à des magasins en 2021 suite à sa dénonciation de la gestion de la crise sanitaire.
À l'époque, alors qu'il comparaissait pour la sixième fois devant la justice, Monoprix lui avait adressé une mise en demeure, l'accusant de diffamation et le menaçant de poursuites. Le militant encourait une amende pouvant aller jusqu'à 12 000 euros. Lors de la dernière interview donnée à Révolution permanente, Alain expliquait : « La répression bat son plein à Monoprix. Plusieurs élus ou mandatés de l'entreprise en Île-de-France subissent aussi des pressions de la direction, notamment à la gare d'Asnières, avenue d'Italie à Paris ou encore à Antony… Certains salariés et responsables non protégés sont également licenciés ».
Mais le lundi 26 février dernier, le tribunal judiciaire de Nanterre a rendu son verdict. Grâce aux nombreuses mobilisations menées par les collègues d'Alain et le collectif CGT Monoprix, le tribunal a débouté l'enseigne, prononçant la « nullité de l'assignation délivrée le 17 mars 2025 par la société Monoprix » ainsi que « le versement d'une indemnité de 2000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ». « Ils ont voulu mener une campagne de dénigrement contre moi, en criminalisant mon militantisme. Mais c'est une défaite pour eux et une victoire, non seulement pour moi, mais surtout pour tous les soutiens qui se sont mobilisés », nous confie Alain.
Si Monoprix s'est tant acharné contre des militants combatifs, c'est avant tout pour tenter d'imposer la casse sociale en cours dans ses magasins. Après la vente de Casino à Auchan, c'est désormais au tour de Monoprix d'engager des restructurations. Le 10 février dernier, l'enseigne annonçait la fermeture de cinq magasins et la cession de onze autres à la concurrence en France. « Ce sont des PSE déguisés qui vont venir dégrader encore davantage nos conditions de travail », dénonce Alain.
Cette victoire dans le secteur du commerce constitue un point d'appui important contre la répression patronale et pour la défense des droits syndicaux. Alors que certaines mairies, comme à Nangis, s'attaquent aux bourses du travail, et que d'autres militants combatifs – comme Paul à La Poste dans le XVe arrondissement – sont menacés, il est essentiel de continuer à défendre le droit de dénoncer le harcèlement et les abus au travail, ainsi que de faire bloc autour des syndicalistes combatifs réprimés !