Recruter des filles dans l'armée : un nouveau séminaire militariste dans l'académie d'Orléans-Tours
Sat, 21 Mar 2026 12:34:37 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLes enseignants de l'académie Orléans-Tours ont reçu une invitation à un séminaire intitulé « femmes dans les armées, femmes dans l'éducation ». Sous prétexte de favoriser « l'égalité fille-garçon », il s'agit encore une fois d'encourager les élèves à devenir la chair à canon de demain.

« Femmes dans les armées, femmes dans l'éducation : parcours et engagement » c'est le nom du thème d'une formation proposée aux enseignant·es de l'académie Orléans-Tours qui aura lieu le 1er avril prochain. Ce séminaire est organisé par le « trinôme académique », une organisation sous l'autorité du recteur ayant pour mission de « développer des actions de formation de la communauté́ éducative à l'enseignement de Défense ». Il « propose une journée de réflexion et d'échanges consacrée aux parcours et à l'engagement des femmes dans deux grandes institutions au service de la République : les armées et l'éducation nationale » et « s'inscrit dans une démarche d'éducation à la citoyenneté et de promotion de l'égalité filles-garçons, en donnant à voir des parcours inspirants et des pratiques professionnelles diversifiées. ».
Autrement dit, il s'agit, sous prétexte « d'égalité filles-garçons », d'inciter les élèves à s'engager dans les métiers de l'armée, tout en dressant une équivalence scandaleuse entre les métiers de l'éducation et ceux de la guerre. Pour rappel, des enseignantes « inspirantes » – dont on peut parier qu'elles ne seront pas citées dans la formation – ont été de farouches militantes antimilitaristes, à l'image d'Hélène Brion, militante syndicale, féministe et pacifiste, suspendue de ses fonctions et condamnée à de la prison pour son engagement antimilitariste en 1917.
Tout en dressant une fausse équivalence entre l'armée et l'éducation, la rhétorique de « l'égalité filles-garçons » cherche aussi à présenter fallacieusement l'engagement dans l'armée comme une démarche féministe. Pourtant, il est difficile de voir en quoi il peut être progressiste de s'engager dans une institution dont le premier objectif est de défendre par les armes les intérêts de l'État et du grand patronat français à l'étranger – quitte à tuer d'autres femmes et enfants. Pour rappel, l'État français, actuellement engagée dans la guerre impérialiste contre l'Iran au Moyen-Orient, est par la même complice des massacres commis dans cette guerre, et notamment de la mort de 168 jeunes écolières et personnels dans une école de jeunes filles du sud de la ville de Minab.
Cette tentative de recrutement au sein même de l'Éducation nationale n'est pas nouvelle. L'armée intervient de plus en plus régulièrement dans les écoles pour assurer le renouvellement de la chair à canon de demain, notamment au travers des classes défenses, de conférences du Centre de Recrutement et d'Information des Forces Armées (CIRFA) et autres. Le séminaire du trinôme académique montre bien que les élèves ne sont pas les seuls visés, mais ce sont également les personnels enseignants qui sont invités à envisager cette « diversification de leur parcours professionnel ». En 2025 déjà, une formation avait eu lieu dans l'académie de Créteil pour former les professeurs à « défendre l'usage de la force légitime » par la police et l'armée.
Face à cela, c'est aux travailleurs de l'éducation de s'organiser pour refuser la militarisation et la casse de l'école, qui sont les deux faces d'une même pièce. Tout en exigeant des moyens pour enseigner et pas pour la police et l'armée, nous devons exiger la fin de tout partenariat entre l'école, la police et l'armée, ainsi que la fin des « classes défense » et du service militaire, « volontaire » ou non. De même, nous devons dénoncer une rhétorique qui tente de faire croire que le recrutement des femmes et des minorités de genre dans l'armée participerait des luttes féministes et contre l'oppression, et serait un progrès dans « l'égalité » des genres.
En cela, les organisations politiques, féministes et de lutte contre les oppressions, mais aussi les organisations syndicales ont un rôle à jouer, en s'opposant à la militarisation de l'école et de la société, mais aussi en participant activement aux différentes luttes contre la casse de l'école et des services publics. C'est par la mobilisation que nous pourrons mettre un frein aux projets militaristes portés par le gouvernement, qui, loin de protéger et de libérer les peuples, ne servent que les intérêts des industriels de l'armement, du grand patronat et des États qui les soutiennent.
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