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Elsa Marcel au conseil municipal : « voter ne suffira pas, chaque avancée sera le résultat de nos luttes »

Sat, 21 Mar 2026 15:34:56 CET

Révolution Permanente

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Lors du premier conseil municipal de Saint-Denis / Pierrefitte, Elsa Marcel a salué la défaite du Parti socialiste, tout en insistant sur la force des travailleurs et de la jeunesse de la ville, qui sera décisive pour en finir avec des décennies de politiques austéritaires et sécuritaires et faire de Saint-Denis / Pierrefitte une capitale de la résistance aux offensives à venir.


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Bonjour à tous et à toutes,

Au nom du groupe de Révolution Permanente, je voudrais commencer par dire que nous sommes très heureux de la défaite du Parti socialiste et de Mathieu Hanotin.

C'est la défaite de 6 années de politique policière et sécuritaire qui ont ciblé la jeunesse de nos quartiers, en fermant les antennes jeunesse, en transformant la ville en terrain de jeu pour des policiers armés jusqu'aux dents, et faisant exploser la vidéo surveillance dans toutes les rues.

C'est aussi la défaite d'une politique austéritaire, qui a fait la chasse aux communaux et qui a consacré toute son énergie et ses moyens à tenter de transformer la ville en 21ème arrondissement de Paris au service des touristes, des riches, des promoteurs immobiliers qui se sont gavés pendant les JO.

En bref, c'est la défaite d'une politique de guerre contre les classes populaires qui a politisé toute une génération. Et je pense que l'ambiance qu'on a connue dimanche soir dans cette même salle compte parmi les plus belles pages de l'histoire de notre ville.

C'est pour ça que la victoire de Bally Bagayoko suscite une telle offensive médiatique.
L'extrême-droite ne supporte pas de voir des élus racisés, mais les classes dominantes n'aiment pas non plus qu'une politique qu'elle soutenait soit rejetée avec cette force et cette intensité.

A travers ces attaques, c'est tous les habitants de Saint-Denis et Pierrefitte qui sont visés, et nous tenons à apporter à nouveau notre solidarité à la France Insoumise.

Mais nous voulons aussi dire à tous les dionysiens et pierrefittois qui ont voté contre le PS que le combat est loin d'être terminé.

Tout au long de la campagne, nous avons défendu la nécessité de s'attaquer aux racines de la crise qui traverse notre ville.

Nous avons dénoncé les réponses sécuritaires à la crise sociale et exigé le désarmement de la police municipale, et la justice et la vérité pour Yannis, Nahel et pour toutes les victimes de violences policières.

Nous avons affirmé qu'il fallait s'opposer sans concession aux politiques d'austérité en plaçant au cœur la nécessité d'une riposte par en bas des travailleurs des services publics.

Nous avons porté l'idée que Saint-Denis devait être à l'avant-garde du combat anti-impérialiste, contre les guerres en Iran et au Liban, contre le génocide en Palestine, contre les massacres au Congo ou au Soudan.

Nous avons dénoncé les politiques pro-patronales qui vendent nos villes aux grandes entreprises et alimentent la gentrification.

Mais pour arracher ces revendications, améliorer vraiment les conditions de vie, lutter contre la flambée des loyers et la précarité, voter ne suffira pas.

Ce n'est pas une idée abstraite ou générale.

Dans un contexte où la priorité est donnée à la course à la militarisation, aux porte-avions à 10 milliards et à l'austérité pour les financer avec l'appui du PS, toute avancée ne pourra être que le résultat du rapport de force qu'on va engager.

Il va falloir s'affronter directement au patronat, aux bailleurs sociaux et aux grandes entreprises, comme au gouvernement, par nos propres luttes.

Le fait qu'une gauche révolutionnaire, anticapitaliste et anti-impérialiste rassemble plus de 1800 voix est un point d'appui en ce sens.

Dans le conseil municipal, nous mettrons nos mandats au service de ces combats. On l'a dit, nous ne sommes pas des politiciens professionnels et nous ne sommes pas là pour faire carrière.

Nous voulons être les yeux et les oreilles de la jeunesse, des travailleurs et des quartiers populaires et un levier pour chaque mobilisation, chaque grève, chaque lutte.

Depuis des décennies, Saint-Denis constitue le poumon ouvrier de la capitale, concentre des milliers de travailleurs qui se sont toujours battus contre l'exploitation et le racisme d'Etat, des résidents du foyer Sonacotra à Romain Rolland à l'origine de la plus grande grève des loyers du pays aux luttes des ouvriers marocains, tunisiens et algériens de l'usine Penarroya contre la contamination au plomb.

Dans la ville, cette force considérable elle n'a cessé de se déployer ces dernières années :

Celle des travailleurs du nettoyage d'Onet en grève pendant 45 jours pour leurs conditions de travail et la dignité.

Celle des professeurs du 93 qui ont lutté contre l'austérité et les mesures islamophobes qui frappent leurs élèves.

Celle de la jeunesse des lycées, comme Paul Eluard, ou des facs, comme Paris 8 qui ont bloqué leur lieu d'étude contre le génocide à Gaza.

Celle des travailleurs étrangers des foyers comme Adoma, rassemblés devant la mairie à l'heure où on parle, qui vivent et travaillent ici depuis des décennies mais sont menacés d'expulsion et privés de droit de vote.

Celle des femmes du collectif combat Hébergement 93, qui luttent avec acharnement pour un logement digne.

Celle des jeunes qui se sont révoltés après la mort de Nahel, pour lequel on doit manifester nombreux cet après-midi à Nanterre.

Je voudrais en profiter pour dire que si l'Assemblée nationale fait une minute de silence pour un néonazi, ici c'est aux victimes de violence policière qu'il faudra rendre hommage, en faisant résonner depuis Saint-Denis leur nom et le mot d'ordre « pas de justice pas de paix ».

Tous ceux que je viens de citer, ils font tourner la ville et la société et ce sont eux qui peuvent la changer.

Cette énergie elle doit s'organiser, se structurer et se préparer à résister.

Nous serons à leurs côtés à chaque combat, contre l'austérité, la militarisation, l'extrême-droite. Contre chaque loi raciste.

Et nous serons là pour reconstruire une gauche révolutionnaire, ancrée dans les quartiers, les entreprises et les lieux d'étude, qui assume l'affrontement avec les intérêts des classes dominantes. C'est la seule voie pour faire face à la période qui s'est ouverte.

Et c'est aussi la seule façon de faire de Saint-Denis - Pierrefitte plus qu'un symbole, la capitale de la résistance contre les offensives austéritaires et de la lutte pour une autre société.

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