Lyon. 6 jeunes en garde-à-vue, un lycéen hospitalisé : la police réprime le blocage du lycée Saint-Exupéry !
Sat, 21 Mar 2026 16:41:25 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAu lycée Saint-Exupéry à Lyon, plus de 200 lycéens ont bloqué leur lycée mercredi et jeudi contre l'extrême-droite et les idées réactionnaires. Ils ont subi une répression brutale, avec un lycéen hospitalisé, 6 personnes placées en garde-à-vue dont une qui doit être déférée.

Ce mercredi 18 mars à 7h30, plus de 200 lycéens du lycée Saint-Exupéry ont organisé un blocage de leur établissement contre l'extrême-droite, dans une ambiance combative et festive, avec des fumigènes déployés. Les lycéens veulent lutter contre l'extrême droite, qui multiplie les violences à Lyon, comme l'a montré en janvier dernier l'agression raciste d'Ahmad en se rendant à son lycée.Le blocage, qui laissait libre une porte permettant l'accès au lycée, est soutenu par une grande partie des lycéens.
Mais à partir de 10h, la police pénètre subitement dans la cour du lycée et gaze les lycéens du blocage, pris par surprise. Les policiers lancent aussi des grenades de désencerclement. Une répression très violente, qui se poursuit dans la rue Hénon où se trouve l'établissement. Un lycéen nous explique « on a résisté aux charges policières en faisant des chaînes entre nous, beaucoup de lycéens étaient présents. La police finit par partir, et on a repris le blocage du lycée dès la pause de midi ». Le 18 mars, la police aurait interpellé 3 lycéens.
Le lendemain, les lycéens décident de reconduire le blocage dès 7h30. À peine un quart d'heure plus tard, la répression commence déjà, avec des policiers de la BAC en civils. « Face à l'attaque de la police, on s'est organisé en chaînes, mais on s'est retrouvé bloqués juste devant un mur du lycée » nous raconte un lycéen. C'est à ce moment-là que la police saisit l'opportunité pour gazer de nombreux lycéens à seulement quelques centimètres du visage !
Pour contrer la résistance des lycéens qui veulent tenir leur blocage, la violence de la police est déchaînée. Des lycéens sont plaqués très violemment au sol et matraqués. Un lycéen blessé est même évacué et part à l'hôpital, et trois personnes sont interpellées. Un épais brouillard de gaz lacrymogène s'étend sur la rue Hénon, ce qui gêne des passants et la crèche à proximité. Les lycéens ont finalement repris le blocage et empêcher la tenue des cours, marquant leur détermination malgré la répression.
Au total, six participants au blocage ont été interpellés et placés en garde-à-vue. A l'heure où nous écrivons cet article, un étudiant venu soutenir les lycéens n'est toujours pas libéré. Il doit être déféré lundi matin pour des faits d'outrage, rébellion, organisation et participation à une manifestation interdite. Nous exigeons sa libération immédiate et l'abandon de toutes les poursuites.Cette répression totalement scandaleuse, fait écho à celle des lycéens marseillais mobilisés contre l'austérité, avec 3 jeunes placés en garde-à-vue.
Contre l'extrême droite, l'austérité et la militarisation, les raisons de se mobiliser ne manquent pas dans les lycées, et on assiste à de nombreux blocage lycéens ces derniers jours, à Rennes, Marseille ou au Mans. Pour approfondir cette dynamique et renforcer la mobilisation dans les lycées, il est central de faire front contre la répression, de se coordonner entre élèves, parents et travailleurs de l'éducation pour s'y affronter et construire un grand mouvement lycéen, qui prenne exemple de la grève de 55 000 lycéens allemands contre le service militaire.
Un blocage du lycée Saint-Exupéry en septembre dernier.