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L'Université Toulouse Capitole ouvre un centre d'excellence financé par et pour l'armée : non au militarisme !

Fri, 20 Mar 2026 16:46:05 CET

Révolution Permanente

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L'armée finance un centre d'excellence à hauteur de 2 millions d'euros à l'UTC au service des intérêts privés et militaristes de la bourgeoisie française

L'Université Toulouse Capitole à l'avant-garde de la militarisation de l'université

Le 21 janvier, l'Université Toulouse Capitole a franchi une nouvelle étape dans son orientation militariste en annonçant la création du centre d'excellence AERODS : Aérospatial, Défense et Sciences sociales, financé à hauteur de 2 millions d'euros par l'armée.

À la tête de ce projet de 5 ans, Florent Pouponneau, professeur de science politique à l'École de droit de Toulouse. Ce dernier explique qu'en pleine période de tension internationale ce projet vise « à décrire et expliquer les contraintes politiques, juridiques, administratives, économiques et industrielles, qui, à tous les niveaux - national, européen, international - pèsent sur les différents acteurs, publics et privés, de la politique d'armement française dans le secteur de l'aérospatial ». Autrement dit, contribuer directement à l'appareil militaro-industriel français et européen. On peut compter parmi ce projet d'autres écoles proches du secteur militaire français comme l'Office National d'Études et de Recherches Aérospatiales (ONERA) ou l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (ISAE-Supaero).

Florent Pouponneau souligne : « Notre centre permettra aussi des échanges entre les acteurs de la défense et le monde universitaire à travers l'organisation d'ateliers, de conférences et de séminaires ». Et pour cause, le 12 mars l'UTC a tenu la soirée d'inauguration de ce projet, une soirée qui comptait parmi ses intervenants Jean-Paul Paloméros, ancien commandant de l'OTAN qui a pu dérouler son discours pro militarisation au service de l'impérialisme français.

Mais ce centre d'excellence profite surtout au secteur privé. Effectivement, plusieurs grandes entreprises viennent se joindre à ce projet qui, comme il l'indique lui-même, « veut créer un espace de dialogue entre l'industrie aérospatiale, les pouvoirs publics et le monde universitaire dans le domaine des sciences sociales ». Parmi eux, Airbus Defence and Space, soit la filiale militaire d'Airbus qui aujourd'hui connaît des bénéfices records grâce au contexte actuel.

La mise en place de ce centre d'excellence n'est qu'un énième témoignage de la direction que prend l'UTC dans la période actuelle. Effectivement, ce projet ne se place que dans la continuité d'une politique longue et consciente de militarisation et de privatisation de l'enseignement supérieur.

À titre d'exemple, elle est membre du dispositif Préparation Militaire Leadership, en partenariat avec l'armée, qui vise à « susciter des vocations d'officiers » et de spécialistes juridiques des questions militaires chez les étudiants. Elle a également mis en place un « dispositif d'engagement » accordant une bonification aux étudiants souhaitant s'engager dans l'armée. À cela s'ajoute un travail idéologique quotidien avec la tenue de conférences pro-militarisation…

D'autant que ce centre d'excellence remplit une double fonction. Dans un post, la présidence se félicite de ce projet qui rentre dans la politique d'excellence de l'université Toulouse Capitole visant à la faire devenir un grand établissement. Soit un statut qui encourage la privatisation de l'université via les suppressions de formations, des augmentations drastiques des coûts d'inscription mais aussi via la multiplication des partenaires privés comme en témoigne ce projet.

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En somme, la création du centre d'excellence de l'université du Capitole s'inscrit dans une volonté plus large de transformation de l'enseignement supérieur. Une transformation vers la privatisation mais aussi vers son adaptation aux besoins militaires de l'impérialisme français. Alors que l'UTC a connu depuis 2020 une baisse de 16 % de ses effectifs en première année de licence, elle peut en parallèle ouvrir des centres d'excellence pour l'armée financés à hauteur de 2 millions d'euros par cette dernière. Une offensive brutale qui se vérifie à quelques mètres de la fac de droit, à TSE (Toulouse School of Economics), qui possède déjà le statut de grand établissement et où les offres de formations se réduisent alors que les coûts du master atteint les 12 000 euros. Une dichotomie insupportable contre laquelle les étudiants de l'UTC commencent à se mobiliser.

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Face à la militarisation de la jeunesse, il faut une riposte anti impérialiste

Le cas de l'UTC n'est pas isolé. La jeunesse se place en première ligne des projets militaristes de la bourgeoisie qui veut en faire sa future chaire à canon et matière grise au service de ses ambitions impérialistes.

Alors que l'université se privatise et exclut toujours davantage les classes populaires, Macron a annoncé en parallèle un nouveau « Service National Volontaire », promettant dix mois au sein des forces armées et visant 50 000 jeunes par an d'ici 2035. Une manière à peine dissimulée d'orienter cette jeunesse vers l'armée après lui avoir restreint l'accès à l'enseignement supérieur.

Les formations universitaires sont quant à elles réorientées vers les secteurs stratégiques et les besoins de la défense. Le savoir universitaire se trouve ainsi progressivement subordonné aux priorités militaires.

Pour imposer son projet réactionnaire, le gouvernement déploie une offensive idéologique brutale visant à mettre au pas la jeunesse et à museler toute contestation dans les universités. Il n'a pas hésité à instrumentaliser la mort d'un militant d'extrême droite pour légitimer une offensive contre les voix dissidentes. Dernièrement, une circulaire a autorisé les présidences d'université à annuler des meetings politiques susceptibles de « troubler l'ordre public », formule suffisamment floue pour permettre l'interdiction de toute expression politique gênante. Sous couvert de maintien de l'ordre, l'État se dote ainsi d'un outil supplémentaire pour réprimer l'opposition et offrir un boulevard aux forces réactionnaires.

À l'UTC, cette politique trouve un relais zélé en la personne du président Kenfack. Habitué aux pratiques autoritaires contre le mouvement étudiant, il a déjà appelé la police pour réprimer les étudiants de Sciences Po mobilisés en soutien à la Palestine, envoyé en conseil de discipline des camarades pour avoir critiqué le syndicat d'extrême droite de l'UNI, empêché l'expression d'un contre-discours dans les amphithéâtres sur le grand établissement et, plus récemment, qualifié les organisations politiques étudiantes d'inutiles à la vie universitaire, leur refusant ainsi des locaux. Loin d'être des faits isolés, ces décisions s'inscrivent dans une logique assumée de normalisation et de répression politique au sein de l'université.

Nous devons faire face à cette offensive en renouant avec les traditions antimilitaristes du mouvement étudiant. D'autant que la jeunesse est aujourd'hui en train d'affirmer son opposition aux projets de la bourgeoisie, que ce soit lorsqu'elle s'est mobilisée en masse contre le génocide à Gaza, mais aussi en votant en nombre pour le Poing Levé et son programme anticapitaliste et anti-impérialiste lors des élections du Crous, faisant d'elle la première organisation étudiante de gauche sur l'académie toulousaine.

Alors que les armées étasunienne et israélienne viennent de bombarder toutes les raffineries du pays avec le soutien politique de la France, plongeant la population iranienne dans une fumée de pétrole toxique, il est urgent de refuser les projets de militarisation de la jeunesse. Le monde que veulent les impérialistes est à l'image de l'horreur que vivent les populations iraniennes. Cela implique de défendre un autre projet d'université : une université ouverte aux classes populaires, où le savoir ne serait pas subordonné aux intérêts militaires.

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