Tabassage au sol et tir de LBD : à Noisiel, un jeune grièvement blessé à l'œil par la police
Tue, 17 Mar 2026 16:39:25 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe 16 mars à Noisiel (Seine-et-Marne), plusieurs vidéos montrent deux policiers insultant, poursuivant et frappant deux jeunes de la Ferme du Buisson. L'un d'eux a été grièvement blessé à l'œil, dans un nouvel épisode de violences policières sur fond de durcissement sécuritaire.

Dans la soirée du 16 mars, à Noisiel (Seine-et-Marne), plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent un groupe de policiers armés s'approcher d'un groupe de jeunes en les insultant. On entend clairement l'un d'eux hurler : « Vous voulez jouer ? On va vous enculer », avant d'ajouter « M'en fous, vous êtes tous liés, tous ». Les images montrent ensuite des coups portés sur des jeunes, et ce qui semblent être des tirs de LBD et l'explosion d'une grenade lacrymogène à proximité de la tête d'un jeune à terre. La sœur d'une des victimes qui a subi ces violences a publié une story sur les réseaux sociaux, indiquant qu'elle serait sans nouvelles de son frère, tandis que l'un des jeunes a été blessé grièvement à l'oeil.
Ces violences prennent place dans une ville dont le maire socialiste, Mathieu Viskovic, a fait de la surenchère sécuritaire un axe central de sa politique municipale. En 2021, il organisait une « marche pour la sécurité » réclamant des moyens de police renforcés sur le territoire. Dans son bilan de mi-mandat, il revendique fièrement l'installation de 22 nouvelles caméras de vidéosurveillance dans les quartiers de la Ferme-du-Buisson, des Deux-Parcs et du Luzard, précisément les quartiers populaires de la ville, ainsi que la « poursuite de l'étroite collaboration entre la police municipale et la police nationale ».
Ce qui s'est passé hier soir à Noisiel n'est pas un incident isolé, il s'agit de la violence d'état qui s'en prend aux jeunes des quartiers populaires. En juillet 2025, à Garges-lès-Gonesse, Aly, 17 ans, était tabassé par quatre policiers avant d'être abandonné seul en forêt. Sur l'année 2024, on recense 55 morts par la police. Nahel, Yanis, Al Hassen Diarra, des prénoms qui rappellent que cette violence tue, alors que les auteurs bénéficient d'une impunité totale, comme en témoigne la récente réintégration dans la police du meurtrier de Nahel et le refus de la cour d'appel de Versailles de le juger pour meurtre. Cette escalade sécuritaire est directement alimentée par un gouvernement dont l'agenda raciste et répressif ne cesse de s'intensifier.
Face à cette réalité, le traitement médiatique dominant s'aligne comme toujours avec les discours sécuritaires, en mettant sous silence et en justifiant les violences policières. Celles-ci ne font la une que lorsqu'elles sont filmées, et encore. Il s'agit d'une politique de répression des quartiers populaires qui cherche à intimider toute une jeunesse. Nous exigeons la vérité et la justice pour les victimes des violences de Noisiel, comme pour toutes celles et ceux qui ont subi ou perdu la vie sous les coups de la police. Cela passe par des mesures concrètes et immédiates, comme le démantèlement de la vidéosurveillance, le désarmement de la police municipale, la dissolution des corps spéciaux tels que la BAC et les CRS, et la fin de l'impunité policière.