Toulouse. 150 personnes réunies à la projection du documentaire de RP sur la grève des bibliothécaires !
Fri, 13 Mar 2026 17:48:54 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe 10 mars, la salle était remplie avec 150 personnes présentes pour la projection du film Page de Lutte : La Grève des bibliothèques retraçant la lutte des bibliothécaires de Toulouse en 2025, ayant résisté aux attaques de Moudenc. Une lutte exemplaire pour s'organiser contre les politiques austéritaires du gouvernement.

Les plus grands ennemis de Moudenc réunis
La projection en avant-première du documentaire a réuni quasiment tous les secteurs s'étant affrontés à la politique austéritaire de Jean-Luc Moudenc durant son mandat. En plus des dizaines de bibliothécaires ayant participé à la lutte racontée dans le film, de nombreux militants de différents secteurs de la CGT étaient présents, mais aussi des militants de la Coordination des travailleurs du social, du secteur associatif, de Cultures en Lutte 31, des étudiants des Beaux-Arts mobilisés contre l'austérité depuis l'an dernier, ou encore du collectif d'associations d'éducation populaire et d'animation culturelle JOB.
La soirée a été introduite par Vanessa Pedinotti, ingénieure syndicaliste dans l'aérospatiale et candidate de Révolution Permanente aux élections municipales de Toulouse : « La lutte des bibliothèques, c'est une victoire de David contre Goliath. Dans un contexte de tension internationale qui entraîne une militarisation et une austérité imposée par Macron avec le soutien du PS, les travailleurs des bibliothèques ont réussi à faire reculer Moudenc, grand relai de cette austérité ».
En effet, la lutte des bibliothèques est un exemple d'auto-organisation et de coordination nécessaire dans la période actuelle. En décembre 2024, en réaction au budget Barnier et alors qu'ils subissaient des suppressions de postes et baisses de budgets, les travailleurs des bibliothèques se sont mis en grève contre le non-renouvellement de 16 de leurs collègues. Au fil de tractages, débrayages et d'Assemblées Générales réunissant jusqu'à 150 travailleurs, les bibliothécaires ont pu mettre en place une organisation collective permettant de rompre avec la démoralisation du secteur et d'amplifier le mouvement en s'organisant par en-bas. Mais surtout, les grévistes ont impulsé une coordination contre l'austérité avec des travailleurs et militants des associations, des hôpitaux, du secteur social, des intermittents du spectacle, de la mairie, d'école d'art, soit de l'ensemble du secteur public réuni pour faire plier Moudenc. Cette coordination a permis un rassemblement de plus de 1000 personnes devant la mairie, ou encore la tenue d'un contre-conseil municipal. Au final, les grévistes ont obtenu la réouverture de la médiathèque de Bagatelle, la sauvegarde de postes dans la fonction publique et des milliers d'euros d'économies pour les associations. Une victoire et une démonstration que la lutte auto-organisée paye, exemple qu'il va être nécessaire de reproduire et d'amplifier.
Une discussion pour préparer la suite et s'organiser contre l'austérité
« Cette grève c'est un acquis immense pour faire face à l'austérité de Moudenc. Il y a quelques semaines, les bibliothécaires du Grand Mirail ont appris que la mairie voulait fermer la médiathèque le dimanche et supprimer des postes de vacataires. Ils ont commencé à tracter pour un rassemblement, et en seulement 24 heures la mairie a reculé sur ces mesures. Cette victoire éclair elle a eu lieu parce qu'on a créé un précédent sur la ville, et que maintenant ils ont peur parce qu'ils savent de quoi sont capables les travailleurs du service public quand ils s'organisent », a raconté un bibliothécaire lors du débat.
En plus des bibliothèques, cette grève a inspiré les autres secteurs qui ont eu affaire aux attaques de la mairie. Philippe, militant à Cultures en Lutte et à la CGT, a revendiqué la réussite de la convergence des luttes, souhaitée depuis des années par de nombreux travailleurs syndiqués, autour de revendications communes et offensives comme le soutien au secteur culturel et la titularisation de tous les précaires. Un étudiant de l'Institut supérieur des arts et du design de Toulouse (ISDAT) a raconté comment la grève des bibliothèques avait été une inspiration dans la lutte du collectif ISDAT en Lutte contre les coupes budgétaires de l'institut, ayant permis de sauver des postes qui allaient être supprimés.
Nour, travailleur du social et militant syndical, a insisté sur la nécessité de tirer les bilans stratégiques de cette grève et de s'en inspirer à l'heure où le secteur du social subit des attaques de la part du Conseil Départemental dirigé par Sébastien Vincini du PS, et où le gouvernement vient de faire adopter un budget ultra-austéritaire avec l'aide du parti à la rose. En effet, en plus des victoires sur leurs revendications, les bibliothécaires de Toulouse ont créé un modèle d'auto-organisation par le bas, qui cherche à amplifier le mouvement en s'entourant d'alliés. Un exemple non seulement pour les luttes toulousaines mais pour l'ensemble de notre camp social.
Avec Révolution Permanente, nous avons participé à la grève des bibliothèques, que ce soit à travers nos camarades, en médiatisant la lutte et la caisse de grève, en étant présent à chaque rassemblement dans l'optique d'élargir la mobilisation. Et c'est dans cette même logique que nous nous présentons aux élections municipales dans 9 villes cette année. La question de l'austérité dans les services publiques est revenue sur le devant de la scène à l'occasion de ces élections. Pour y faire face, beaucoup n'ont pour seule perspective que de voter pour le « moindre mal », pour la liste de gauche ayant le plus de chance de battre Moudenc. Mais ni François Briançon du PS qui, comme dit plus haut, est complice des politiques austéritaires à Toulouse comme à l'Assemblée Nationale, ni François Piquemal de la France Insoumise qui a comme projet de fusionner avec le PS en diluant son programme, ne constitueront un rempart à l'austérité qui ne va que s'accentuer au profit de la militarisation.
Avec Révolution Permanente, nous luttons au quotidien aux côtés des travailleurs des services publics (qui représentent une grande partie de notre liste), mais aussi sur nos lieux de travail et d'études. Nous sommes la seule liste à dénoncer la militarisation en cours et la volonté du gouvernement et de la mairie de faire de Toulouse la capitale de la guerre au profit du patronat de l'aéronautique, et à proposer que l'argent mis dans les bases militaires et les profits du secteur soient investis dans les services publics pour un troisième hôpital et des transports en communs et cantines scolaires gratuits. Nous ne transigerons sur aucun point de notre programme pour une quelconque alliance électorale, puisque c'est un programme que nous nous proposons de porter par l'auto-organisation et la mobilisation massive des travailleurs et des étudiants. C'est seulement par cette méthode que nous obtiendrons l'abolition de la réforme Proxima, ainsi que des investissements massifs dans des services publics de qualité contrôlés par les travailleurs en lien avec des comités d'usagers comme l'ont démontré les bibliothécaires.
Pour défendre les services publics et envoyer une travailleuse au Capitole, vote Vanessa Pedinotti les 15 et 22 mars prochain !
Crédits photo : Révolution Permanente