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8 mars : de retour dans la rue, le mouvement féministe fait reculer l'extrême droite et les soutiens d'Israël

Thu, 12 Mar 2026 08:23:01 CET

Révolution Permanente

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Près de 200 000 personnes ont manifesté dans 150 villes ce 8 mars, à l'occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. À Paris comme dans de nombreuses villes, les cortèges de Du Pain et des Roses ont rassemblé autour de mots d'ordre anti-impérialistes et antifascistes.

Dans un contexte international marqué par l'offensive impérialiste au Moyen-Orient, de nombreux cortèges ont scandé ce 8 mars des slogans internationalistes, en solidarité avec les peuples d'Iran, du Liban et de Palestine, dénonçant la politique de terreur menée par l'État d'Israël avec le soutien des États-Unis et la complicité du gouvernement français.

Cette journée constituait également la première grande mobilisation depuis la mort du militant néofasciste à Lyon, instrumentalisée par le gouvernement pour durcir son offensive contre LFI et la gauche radicale, et qui avait donné lieu à une minute de silence observée par la quasi-totalité de l'Assemblée nationale. Dans un contexte politique où le gouvernement et une large partie de la gauche institutionnelle pavent la voie à l'extrême droite, la détermination à reprendre la rue aux réactionnaires était particulièrement palpable.

Dans plusieurs villes comme Paris, Bordeaux ou Toulouse, des cadres d'inter-organisations réunissant organisations politiques, syndicales et associatives, ainsi que des AG ouvertes, ont permis de construire des manifestations combatives, avec une stratégie claire contre l'extrême droite et les sionistes. Les pancartes et slogans visaient autant la montée de l'extrême droite que les guerres impérialistes.

Dans ce cadre, les cortèges animés par Du Pain et des Roses ont constitué un point d'appui central de la mobilisation dans de nombreuses villes, rassemblant des centaines de manifestant·e·s autour d'un féminisme de lutte, internationaliste et antifasciste.

À Paris, une victoire politique face aux réactionnaires

À Paris, la manifestation a rassemblé 130 000 personnes selon la CGT. L'un des faits marquants de la journée a été la victoire politique remportée par le pôle féministe antifasciste, antisioniste et antiraciste, composé notamment d'Urgence Palestine, de Du Pain et des Roses, de #NousToutes, de Tsedek, d'AFA Paris Banlieue, des Féministes Révolutionnaires, des Soulèvements de la Terre et d'autres collectifs et organisations.

Face à la tentative du collectif pro-israélien Nous vivrons de rejoindre la manifestation, un blocage de plusieurs heures a été organisé. Malgré un camion bien plus imposant que la taille réelle de leur cortège, le collectif n'a jamais pu défiler sur le parcours officiel et a finalement été contraint de se disperser vers la Gare de l'Est, après avoir tenté vainement d'arriver à République par un itinéraire bis, pour être finalement bloqué par l'ensemble des manifestant-es. Dans le même temps, le collectif d'extrême droite Némésis a renoncé à rejoindre la manifestation principale et s'est replié sur un micro-rassemblement dans le 16ᵉ arrondissement avec Marion Maréchal.

Cette victoire est le fruit de plusieurs mois de préparation et d'une campagne politique menée par de nombreuses organisations de gauche pour dénoncer la présence de l'extrême droite dans les mobilisations féministes, et qui ont constitué un pôle unifié dans la manifestation. Vers 18 heures, alors que la police encerclait ce pôle qui continuait de bloquer Nous vivrons, des centaines de manifestant·e·s ont scandé ensemble « Siamo tutti antifascisti, siamo tutti antisionisti ! », dans un moment de combativité collective particulièrement fort qui rompt avec l'atmosphère étouffante qui s'était installée dans le pays suite à la mort du militant néofasciste à Lyon.

Sasha Yaropolskaya, militante à Du Pain et Des Roses et Révolution Permanente, a pris la parole pour dire sa fierté de faire partie de ce front large qui a permis de bloquer l'extrême-droite et collectifs pro-génocide, et a appelé à poursuivre dans cette voie : « Le véritable barrage aux réactionnaires, c'est un front de toutes nos organisations politiques, associatives et syndicales dans la rue, dans nos lieux de travail et d'étude, pas d'aller voter pour la gauche institutionnelle dans les urnes ! Nous ne pouvons pas bloquer Nous Vivrons le 8 mars pour aller voter pour Emmanuel Grégoire et les alliances avec le PS le 15 mars, alors que c'est ce même parti qui soutient Nous Vivrons et criminalise la Palestine ! »

Le cortège de Du Pain et des Roses a rassemblé 1000 personnes. Derrière la banderole « Féministes anti-impérialistes, contre l'extrême droite et l'État complice » se trouvaient Elsa Marcel et Ariane Anemoyannis, candidates aux élections municipales respectivement à Saint-Denis et dans le 13ᵉ arrondissement de Paris. Elsa Marcel a pris la parole pour dénoncer les massacres impérialistes en cours et la complicité du président français : « Ce matin Emmanuel Macron a tenu à exprimer sa solidarité avec les femmes iraniennes, la même nuit où Israël et les États-Unis ont bombardé les raffineries du pays. Ils mettent le pays à feu et à sang ! Jamais les femmes ne seront libérées par les bombes ! La première des revendications féministes que nous portons est le retrait des troupes américaines et israéliennes du Moyen-Orient ». Face à l'offensive réactionnaire contre le mouvement antifasciste et l'extrême gauche menée par le gouvernement et une partie de la gauche institutionnelle depuis la mort de Quentin Deranque, elle a souligné l'importance de reconstruire une gauche féministe, anti-impérialiste et révolutionnaire, y compris dans le cadre de la campagne municipale à Saint Denis et dans les huit autres villes où Révolution Permanente présente des listes.

Des mobilisations combatives dans tout le pays

À Toulouse, la manifestation massive s'appuyait sur une large inter-organisation rassemblant organisations politiques, syndicales et associatives. Plusieurs cortèges anti-impérialistes ont marqué la mobilisation, avec une forte présence des questions internationales, notamment autour de l'Iran et de la Palestine. Mariam, militante de Révolution Permanente qui vient du Liban, est intervenue pour évoquer les conséquences des guerres impérialistes sur son pays et sur sa propre famille, contrainte de fuir « sans savoir où aller ». Vanessa Pedinotti, candidate aux élections municipales, a également pris la parole pour exprimer la solidarité avec les peuples iraniens, libanais et palestiniens.

À Bordeaux, l'Assemblée Générale Féministe, dont fait partie Du Pain et des Roses, a organisé un pôle de tête combatif. Des travailleuses de la santé en blouse blanche étaient présentes dans le cortège, mettant en avant les luttes du secteur hospitalier. Avant le départ de la manifestation, Petra Bernus, candidate de Révolution Permanente à la mairie et étudiante infirmière, a pris la parole pour défendre un féminisme lutte de classes qui combat l'austérité et l'impérialisme. La manifestation a également été marquée par une tentative de provocation : des membres du collectif pro-israélien Nous vivrons ainsi que des monarchistes iraniennes arborant des drapeaux israéliens ont tenté de rejoindre la mobilisation. Elles ont été écartées dès le début de la manifestation par le service d'ordre unitaire de l'assemblée féministe.

À Marseille, l'inter-organisation féministe dont fait partie Du Pain et des Roses avait appelé à une mobilisation antifasciste et anti-impérialiste, des mots d'ordre largement repris dans les cortèges. À la banderole se trouvait notamment Mathilde Lanté, candidate aux municipales dans les 4ᵉ et 5ᵉ arrondissements. À Montpellier, malgré la pluie, le cortège de Du Pain et des Roses a rassemblé plusieurs centaines de personnes dans une ambiance dynamique et combative. On y retrouvait notamment des militant·es d'Urgence Palestine, des internes du CHU venus en blouse blanche, ainsi que Max Muller, tête de liste de Révolution Permanente.

À Rennes, Du Pain et des Roses a manifesté aux côtés d'autres collectifs féministes comme #NousToutes35 dans un cortège de plusieurs centaines de personnes. À la banderole se trouvait Erell Duclos, candidate aux municipales, tandis que les manifestant·e·s scandaient : « Némésis casse-toi, le féminisme n'est pas à toi ! ». Les slogans et prises de parole ont mis en avant des mots d'ordre anti-impérialistes liant la lutte contre l'extrême droite aux combats contre la course à la guerre.

Au Mans, le cortège de Du Pain et des Roses a rassemblé plus de 150 personnes. Benjamin Sainty, candidat à la mairie pour Révolution Permanente, était présent aux côtés de travailleuses de l'EHPAD Bérengère, en grève depuis deux mois, et dont la caisse de grève circulait dans la manifestation. Tiphaine Ginesty, co-listère aux municipales, animait le cortège au mégaphone et a également pris la parole pour célébrer la victoire contre l'extrême droite à Paris et dénoncer l'offensive impérialiste au Moyen Orient.

À Metz, un cortège Du Pain et des Roses composé de jeunes et de travailleuses a pris sa place au cœur de la manifestation. Une caisse de grève en soutien aux grévistes de Neuhauser a circulé et des travailleuses ont pris la parole pour expliquer leur lutte contre le licenciement de leur collègue cheffe d'atelier. Christian Porta, candidat aux municipales, était présent aux côtés de ses collègues. Dans l'autre ville de Grand Est, Strasbourg, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans un cortège marqué par de nombreuses prises de parole politiques. Les interventions ont notamment abordé la situation en Iran, la militarisation croissante en Europe et les liens entre luttes féministes et luttes internationalistes. Le cortège comptait également des militant·e·s venu·e·s d'Allemagne du parti Die Linke, scandant : « Solidaires au-delà des frontières ».

À Lyon, un cortège dynamique de plus de 300 personnes s'est constitué autour de Du Pain et des Roses, dans une ville où les slogans antifascistes ont une résonance particulière suite à la grande manifestation néo-nazie qui a eu lieu il y a deux semaines et dans une ville avec une forte histoire de montée de l'extrême droite mais aussi de résistance antifasciste. À Brest, Nantes, Chambéry et au Havre des militantes de Du Pain et des Roses ont également pris part aux manifestations.

Rejoignez celles et ceux qui construisent un féminisme de combat !

Alors que ces dernières années en France étaient marquées par un recul du mouvement féministe et l'avancée du fémonationalisme de l'extrême-droite et du gouvernement cherchant à mettre le mouvement féministe au service du racisme d'Etat, des politiques sécuritaires et de l'impérialisme, ce 8 mars a exprimé une autre tendance. Il a montré qu'un féminisme anti-impérialiste et internationaliste est bien vivant, capable de rassembler des milliers de personnes et d'imposer un rapport de force face à l'extrême-droite et aux soutiens du génocide. La victoire tactique remportée par le front unitaire antifasciste et antisioniste à Paris indique le chemin à suivre pour l'ensemble du mouvement féministe en France et en Europe.

Mais face à la montée de la réaction, aux offensives impérialistes et aux attaques austéritaires, ce premier succès doit se transformer en organisation durable. Si vous souhaitez participer à ces combats et construire un mouvement féministe déterminé à lutter contre le capitalisme patriarcal et ses guerres impérialistes, nous vous invitons à rejoindre Du Pain et des Roses. Vous pouvez nous contacter en remplissant notre formulaire de contact pour discuter, participer à une réunion ou vous impliquer dans les prochaines mobilisations. Pour reconstruire un féminisme lutte de classes, communiste et révolutionnaire, rejoignez-nous !

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