Madoua : face au drame, soutien à la famille et aux bénévoles mobilisés
Thu, 12 Mar 2026 12:48:22 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDimanche 8 mars, plus de 1 000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Neuilly-sur-Marne pour rendre hommage au petit Madoua. Porté disparu le 25 février, sa mort par noyade a été confirmée au terme de plusieurs jours de recherches.

Le 25 février, le petit Madoua échappe à la vigilance de sa mère alors qu'il jouait au ballon sur une promenade en bordure de la Marne. Dès sa disparition, des centaines de bénévoles se sont relayés jour et nuit à Neuilly-sur-Marne et dans les communes voisines pour tenter de retrouver l'enfant. La disparition de Madoua suscitait une inquiétude particulière : atteint d'autisme non verbal, il ne pouvait ni appeler à l'aide ni communiquer facilement avec d'éventuels témoins. Cette situation exigeait une mobilisation immédiate et massive.
Or, la réaction de l'État a été en-deçà des enjeux, comparé au dispositif bénévole mis en place, qui a organisé des battues, des tractages, des diffusions de flyers et qui a même réussi à monter une brigade de chiens renifleurs. Yassine Bouzrou, avocat de la famille, a dénoncé notamment la lenteur du parquet : la brigade des mineurs n'a été saisie que cinq jours après la disparition, retardant l'exploitation des images de vidéosurveillance pourtant disponibles dès le premier jour. Ces images ont finalement permis d'établir que Madoua serait tombé dans la Marne à un endroit non sécurisé.
Sur les réseaux sociaux, c'est une déferlante de commentaires racistes qui se réjouissent de la disparition voire de la mort de Madoua, questionnant la responsabilité de sa mère qui aurait été négligente, allant parfois jusqu'à insinuer qu'elle l'aurait elle-même tué à cause de son handicap. Ces commentaires sont absolument révoltants en même temps qu'ils révèlent la force des préjugés racistes qui frappent une mère racisée et endeuillée et constituent un point mort dans la faible couverture médiatique de ce drame. Le dimanche 8 mars, une marche silencieuse a permis à plus de 1 000 personnes d'exprimer leur douleur, leur colère et leur solidarité. Nous affirmons notre soutien total à la famille de Madoua et saluons l'engagement exemplaire des bénévoles.