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Au Mans, un 8 mars combatif pour reconstruire un féminisme anti-impérialiste et contre l'extrême droite

Tue, 10 Mar 2026 20:57:49 CET

Révolution Permanente

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Ce samedi 8 mars, plus de 600 personnes ont manifesté au Mans pour les droits des femmes. Le cortège de Du Pain et des Roses, fort d'environ 150 personnes, s'est distingué par son dynamisme. Il a porté des slogans et prises de parole appelant à reconstruire une force féministe anti-impérialiste face à l'extrême droite.

Un féminisme résolument anti-impérialiste

Le cortège Du Pain et des Roses s'est distingué par ses nombreuses pancartes et slogans internationalistes : « Gaza, les queers sont avec toi », « USA, Israël hors d'Iran », « Ovaires anti-guerres » ou encore « Ni réarmement démographique, ni réarmement militaire » exprimaient un rejet clair des politiques guerrières des grandes puissances.

Dans sa prise de parole, Tiphaine, militante Du Pain et des Roses, à Révolution Permanente et candidate aux municipales sur la liste « Révolution Permanente – Reprendre Le Mans aux politiciens professionnels », a dénoncé la montée des tensions internationales :

« Les bombes qui tombent aujourd'hui sur l'Iran et le Liban sont les mêmes qui sont tombées sur la Palestine pendant plus de deux ans, envoyées par les mêmes bourreaux et leurs alliés, à commencer par l'État français »

Dans ce contexte, les slogans contre le « réarmement démographique » prenaient tout leur sens. Alors que les gouvernements limitent l'accès à l'IVG par des coupes toujours plus fortes dans la santé, sur fond d'un discours de militarisation pour préparer les conflits à venir, les militantes ont affirmé une position claire : nos corps ne seront pas utilisés pour leurs guerres.
Cette question prend aussi une dimension locale. Au Mans, [l'usine Renault fabrique désormais des drones militaires. > https://www.revolutionpermanente.fr/Renault-produira-des-drones-au-Mans-une-etape-dans-la-militarisation-de-l-industrie-sarthoise ]

Contre ces dynamiques internationales, plusieurs jeunes ont organisé, à la fin du cortège, une démonstration de solidarité avec leurs camarades allemands, mobilisés jeudi dernier contre la conscription.

Un mouvement féministe qui combat l'extrême droite

Cette édition du 8 mars s'ouvrait sur une victoire importante pour le mouvement féministe. Après une mobilisation de nombreuses organisations, le groupe d'extrême droite Némésis, proche des milieux néo-nazis et qui instrumentalise le féminisme à des fins xénophobes et sécuritaires, a été contraint de renoncer à défiler dans le cortège féministe à Paris.

Comme l'a rappelé Tiphaine : « Nous sommes parvenus à obliger Némésis à reculer et à dire toujours plus fort : l'extrême droite hors de nos luttes féministes ! » Cette victoire montre que lorsque le mouvement féministe se mobilise massivement et unitairement, il peut faire reculer les tentatives d'instrumentalisation raciste du féminisme.

La solidarité a également été exprimée envers l'association LGBTI mancelle Homogène, [régulièrement ciblée par des attaques de l'extrême droite. > https://www.revolutionpermanente.fr/Attaque-homophobe-au-Mans-l-extreme-droite-vandalise-a-nouveau-le-local-d-une-association-LGBTI ]

Face à une extrême droite qui cherche à détourner les luttes féministes pour justifier des politiques racistes et sécuritaires, quand elle ne s'y attaque pas directement, les manifestantes ont défendu un féminisme antiraciste et internationaliste.

Des travailleuses en lutte dans le cortège

Le cortège DPDR a également mis en avant les luttes des travailleuses, notamment celles de [l'EHPAD Bérengère du groupe Emera, en grève depuis le 7 janvier. > https://www.revolutionpermanente.fr/Des-salariees-de-l-EHPAD-Berengere-en-greve-pour-leurs-salaires-et-conditions-de-travail] Ces salariées dénoncent leurs salaires de misère. L'étincelle du conflit : une proposition d'augmentation de 7 euros brut pour les ASH.

Dans son discours, Tiphaine a salué leur combat : « Lorsqu'on subit des salaires de misère dans un métier aussi central que le leur, la grève est la meilleure des réponses. Quand l'une d'entre nous relève la tête, c'est tout le mouvement social qui se renforce. »

[La caisse de grève des travailleuses de l'EHPAD > https://www.leetchi.com/fr/c/soutien-aux-salaries-de-la-residence-berengere-en-greve-1143724 ] a pu circuler dans le cortège et récolter près de 150 euros. Dans un secteur largement féminisé, ces luttes montrent à quel point exploitation capitaliste et oppression de genre sont liées. Les travailleuses du soin subissent à la fois la dévalorisation de métiers essentiels et les politiques de privatisation qui enrichissent des groupes comme Emera.

Aux municipales : porter un programme féministe et anticapitaliste

Ces combats se prolongent aussi sur le terrain politique. La candidature de la liste Révolution Permanente - Reprendre Le Mans aux politiciens professionnels entend porter ces revendications dans la bataille des municipales.

Pour ses militant·es, il ne peut y avoir de politique féministe réelle sans s'attaquer aux racines du système qui produit les inégalités : le capitalisme. Cela signifie s'en prendre aux patrons qui exploitent les travailleuses, comme ceux de l'EHPAD Bérengère, mais aussi aux grands propriétaires responsables de la crise du logement. Au Mans, 3828 logements sont vides. La revendication est claire : leur réquisition sans indemnité ni rachat, notamment pour mettre à l'abri les personnes victimes de violences de genre.

Dans le même temps, les budgets pour l'école, la santé ou les associations diminuent tandis que les dépenses militaires explosent, préparant la guerre tout en aggravant les inégalités sociales.

Ce 8 mars au Mans a démontré qu'il existe une base pour reconstruire un mouvement féministe large, démocratique et combatif dans la ville. Un mouvement qui combat l'extrême droite, refuse la récupération par l'État et s'ancre dans les luttes des travailleuses.

Lutter contre la guerre fait d'ailleurs partie de l'histoire même du 8 mars. À sa création au début du XXᵉ siècle, cette journée rassemblait déjà les femmes en lutte pour leurs droits politiques, sociaux et contre la guerre.

Aujourd'hui, face à la militarisation, à la montée de l'extrême droite et aux attaques contre les droits sociaux, cette tradition est plus actuelle que jamais. Au Mans, le cortège Du Pain et des Roses a montré qu'il existe une volonté de reconstruire un féminisme anti-impérialiste, ouvrier et intransigeant face à l'extrême droite. Un point d'appui indispensable pour les luttes à venir.

Crédit photo : @saitastudio sur Instagram

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